Grand fourre-tout poétique et pensées en goguette rédigées au fil de mes humeurs.
Dans mon univers, les points de fuite sont extrêmement rapprochés sur la ligne d'horizon et les perspectives s'allongent infiniment tant et si bien que je ne distingue qu'à peine les lettres du clavier d'ordinateur sur lequel j'écris. Heureusement qu'à cette distance, mes mains se changent en petites pattes de mouche et parviennent à n'enfoncer qu'une seule touche à la fois.
Si vous me voyez souvent renâcler au moindre effort c'est que tout, dans mon monde, me paraît hors de portée. Il suffit que je jette un coup d'œil dans la cage d'escalier et que j'aperçoive le sol du rez-de-chaussée si lointain pour que je renonce à toute escapade. J'envie mes voisins de pallier qui vivent au cinquième et dernier étage d'un petit immeuble alors que moi je réside dans un gratte-ciel aux dimensions vertigineuses. Certains essayent de me convaincre que ma situation résulte d'un effet d'optique et que dans mon monde, il m'est aisé de faire des pas de géant mais ils ne savent pas la quantité de force qu'il faut mobiliser pour tendre une jambe sur d'énormes distances et ramener l'autre ensuite.
Ne pensez pas que c'est par frilosité que je m'emmitoufle, hiver comme été, dans d'épaisses couvertures et que c'est parce que je suis myope que je me cogne à tous les coins de tables : dans mon monde, le soleil tête d'épingle, là-bas tout au fond, ne peut me réchauffer et m'éclairer comme il le fait dans le vôtre...