Grand fourre-tout poétique et pensées en goguette rédigées au fil de mes humeurs.
J'ai dernièrement remarqué avec enthousiasme qu'en cas de fortes démangeaisons, il n'y a pas le moindre espace, à la surface de mon corps, que je ne puisse toucher du doigt, aucune parcelle de peau qui ne soit accessible à mes ongles vigoureux. C'est dire si je suis une fabuleuse mécanique parée contre les attaques de mon derme. Flagellez-moi d'orties, saupoudrez-moi de poil à gratter, mes doigts répondront dare-dare à toute irritation. Les moustiques peuvent bien m'envoyer leurs escadrilles, les trombidions, leur infanterie, les bébés, leur varicelle, je riposterai du tac au tac et soulagerai mes démangeaisons par le plus efficace et le plus intégral des grattages de tout le monde animal.
Comprenez donc bien qu'avec cette morphologie avantageuse, je reste de marbre et dubitatif devant l'épais et encombrant blindage du rhinocéros et que je me tienne les côtes en voyant l'ours demeurer éternellement à proximité de sapins pour pouvoir, au besoin, frotter son dos à leur écorce rêche, alors que moi, je puis me contenter d'un minuscule arbre de Noël, quelques jours par année.